
Journée mondiale de l’eau 💧2026
L’eau est essentielle au bien-être humain et l’équilibre de l’ensemble des écosystèmes planétaires. L’insuffisance ou/et la défaillance des systèmes approvisionnement en eau causent de multiples désordres : soif chronique, contaminations bactériennes ou chimiques des personnes, baisse des récoltes, déstabilisation de la production d’énergie, mise en danger de la santé publique, perturbation de la vie urbaine, perte de moyens de subsistance, déplacements voire migrations de populations, conflits d’usage et tensions géopolitiques.
Dans un contexte de changements climatiques, d’érosion de la biodiversité, de dégradation des sols et d’inégalités croissantes, l’insécurité hydrique est devenue un véritable risque systémique partout sur la planète.
Sans eau pas de vie
La vie est apparue dans l’eau, il y a 3 milliards d’années environ. Elle a d’abord émergé sous forme de micro-organismes qui sont les très lointains aïeux de tous les êtres vivants qui peuplent la Terre aujourd’hui.
L’eau est aussi le principal constituant des organismes vivants et elle leur est indispensable pour leur maintien grâce à aux innombrables processus biochimiques qui les animent.
Pour l’Homme c’est bien plus qu’une ressource physiologique. L’accès à une eau saine est primordial pour vivre décemment au niveau individuel (boisson, hygiène,…) autant qu’au niveau collectif (alimentation, production d’énergie…).
Sans eau pas de vie, sans eau potable pas de vie digne.
Eau : la situation mondiale est préoccupante
Des milliards de personnes vivent actuellement en situation d’insécurité hydrique et manquent de d’eau salubre en quantité suffisante pour mener une vie saine. Actuellement :
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2,2 milliards de personnes n’ont pas accès à une eau potable gérée en toute sécurité, et parmi elles, 115 millions boivent de l’eau de surface de qualité douteuse ;
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3,5 milliards ne disposent pas de services d’assainissement fiables et efficaces ;
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environ 4 milliards subissent une grave pénurie d’eau (c’est-à-dire sans accès à une quantité d’eau suffisante pour répondre à tous leurs besoins) pendant au moins un mois par an ;
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et la moitié de la production alimentaire mondiale provient de régions où le stockage total de l’eau décline ou devient instable.
Eau douce planétaire : faits et chiffres
Dans toutes les régions du monde et quel que soit leurs niveaux de développement, les systèmes hydriques subissent une pression sans précédent. Les rivières, les lacs et les zones humides se dégradent, les ressources en eaux souterraines s’épuisent au-delà des limites durables et les glaciers reculent de plus en plus vite. Ces tendances témoignent non seulement d’une pression croissante, mais aussi d’un déséquilibre structurel entre la demande en eau et les ressources disponibles.
Eaux de surface
Un nombre croissant de grands fleuves n’atteignent plus la mer (comme le Colorado, aux États-Unis). D’autres présentent un débit insuffisant pour garantir l’approvisionnement de leur bassin pendant une grande partie de l’annéecomme le Huang He (fleuve Jaune) au nord de la Chine, le Gange en Inde, le Niger en Afrique de l’Ouest. Plus près de nous : en juillet 2023, le niveau d’eau du Rhin est descendu à 1,6m alors que celui des basses eaux se situe à 2,1m.
Le réchauffement climatique aggrave le problème, provoquant le dégel de plus de 30 % de la masse glaciaire mondiale depuis 1970 entraînant la diminution des eaux de fonte saisonnières dont dépendent des centaines de millions de personnes notamment en Asie.
Plus de la moitié des grands lacs du monde ont perdu de l’eau depuis le début des années 1990, affectant environ un quart de la population mondiale qui en dépend directement pour sa sécurité hydrique (lac d’Ourmia, en Iran – mer Morte, entre Israël et Jordanie – mer d’Aral, entre le Kazakhstan et l’Ouzbékistan – Grand Lac salé, aux États-Unis – lac Pulicat, en Inde…).
Les zones humides disparaissent à l’échelle continentale. Au cours des cinq dernières décennies, le monde a perdu environ 410 millions d’hectares de zones humides naturelles – soit presque la superficie de l’Union européenne – dont environ 177 millions d’hectares de marais et de marécages intérieurs, soit près de six fois la surface de l’Italie. La perte de services écosystémiques liés à ces zones humides est estimée à plus de 5.100 milliards de dollars, soit l’équivalent du PIB annuel cumulé de 135 des pays les plus pauvres du monde.
Eaux souterraines
L’épuisement des nappes phréatiques et l’affaissement des sols sont des phénomènes répandus et souvent irréversibles.
Les eaux souterraines fournissent aujourd’hui environ 50 % de la consommation mondiale d’eaupotable et plus de 40 % de l’eau d’irrigation, liant ainsi la sécurité de l’approvisionnement en eau potable et la production alimentaire à la diminution rapide des réserves. Près de 70 % des principales nappes phréatiques mondiales présentent des tendances à la baisse à long terme.
Le prélèvement excessif d’eaux souterraines a déjà contribué à un affaissement important des sols sur plus de 6 millions de kilomètres carrés – près de 5 % de la surface terrestre mondiale – dont plus de 200 000 kilomètres carrés de zones urbaines et densément peuplées où vivent près de 2 milliards de personnes.
Ainsi Rafsanjan (Iran) s’enfonce de 30 cm par an, Tulare (États-Unis), s’enfonce d’environ 28 cm par an, et Mexico s’enfonce d’environ 21 cm par an. En Asie du sud on peut citer Bangkok (Thaïlande), Hô Chi Minh-Ville (Vietnam) et Jakarta (Indonésie).
Cet affaissement des le sols réduit aussi durablement la capacité de stockage et augmentant le risque d’inondations.
Impacts socio-économiques
Agriculture
Près de 70 % des prélèvements mondiaux d’eau douce sont destinés à l’agriculture. De nombreuses régions épuisent leurs ressources en eau : Le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord sont les régions les plus affectées aujourd’hui. L’Asie du Sud et l’Afrique subsaharienne sont également très touchées
Environ 3 milliards de personnes et plus de la moitié de la production alimentaire mondiale se situent dans des zones où les réserves totales d’eau – incluant les eaux de surface, l’humidité du sol, la neige, la glace et les eaux souterraines – sont déjà en baisse ou instables. Plus de 170 millions d’hectares de terres cultivées irriguées – soit plus de trois fois la surface de la France continentale – subissent un stress hydrique élevé, voire très élevé.
La dégradation des sols et des terres amplifie les risques liés à l’eau. Plus de la moitié des terres agricoles mondiales sont aujourd’hui modérément ou fortement dégradées, ce qui réduit la rétention d’eau des sols et accentue la désertification des zones arides.
La salinisation à elle seule a dégradé environ 82 millions d’hectares de terres cultivées pluviales et 24 millions d’hectares de terres irriguées, soit au total plus de 100 millions d’hectares de terres cultivées. 70 % des sols touchés se trouvent dans 10 pays : Afghanistan, Argentine, Australie, Chine, États-Unis, Iran, Kazakhstan, Ouzbékistan, Russie et Soudan.
L‘impact de la salinité des sols entraîne une baisse moyenne de rendement agricole pouvant atteindre 25 à 50 % sur des cultures sensibles comme le blé ou le maïs. On voit là le risque qui pèse sur la capacité à nourrir les Hommes à l’avenir
Autres
La dégel de la cryosphère réduit une précieuse « épargne d’eau ». Dans de nombreuses régions du monde, plus de 30 % de la masse de ses glaciers a déjà disparu depuis 1970. Plusieurs chaînes de montagnes de basses et moyennes latitudes risquent de perdre leurs glaciers fonctionnels d’ici quelques décennies, compromettant ainsi la sécurité à long terme de centaines de millions de personnes qui dépendent des rivières alimentées par les glaciers et la fonte des neiges pour leur eau potable, l’irrigation et l’hydroélectricité.
La sécheresse est aussi très problématique. Plus de 1,8 milliard de personnes vivaient en situation de sécheresse en 2022-2023. Les dommages liés à la sécheresse, aggravés par la dégradation des sols, l’épuisement des nappes phréatiques par le changement climatique, et non par le seul déficit pluviométrique, représentent déjà environ 307 milliards de dollars par an à l’échelle mondiale.
La dégradation de la qualité de l’eau réduit la ressource réellement utilisable. Dans de nombreux bassins, la pollution due aux eaux usées non traitées ou insuffisamment traitées, au lessivage agricole de fertilisants et produits phytosanitaires, aux effluents chimiques industriels et miniers et à la salinisation fait qu’une part croissante de l’eau n’est plus potable ni économiquement viable pour la consommation, la production alimentaire ou les écosystèmes, même là où les volumes nominaux n’ont pas encore diminué de façon dramatique.
La limite planétaire des ressources en eau douce a été franchie.
À l’échelle mondiale, il est démontré que deux éléments essentiels du cycle de l’eau douce – les « eaux bleues » (eaux de surface et souterraines) et les « eaux vertes » (humidité du sol) – ont été poussés au-delà de leur capacité de fonctionnement supportable à terme, tout comme les limites planétaires en matière de climat, d’intégrité de la biosphère et de systèmes terrestres.
Les mécanismes de gouvernance et les programmes actuels sont inadaptés. Dans de nombreux bassins, la somme des droits d’eau légaux, des attentes informelles et des promesses de développement dépasse largement la capacité de charge hydrologique dégradée, en l’absence d’institutions de gouvernance efficaces pour faire face à la pénurie d’eau. L’agenda mondial actuel, principalement axé sur le WASH (Water, Sanitation, and Hygiene), , les gains d’efficacité progressifs et les prescriptions génériques de l’IWRM (Integrated Water Resources Management) sont insuffisants pour remédier au dépassement structurel, à l’irréversibilité et aux risques croissants d’instabilité sociale et de conflits liés à la pénurie d’eau.
Il est clair que nous « dépensons » plus d’eau que la nature peut « fournir » par renouvellement. Dit autrement nous nous acheminons vers une « faillite de l’eau »
Faillite de l’eau
Le concept de faillite de l’eau montre que les sociétés dépendent à la fois des flux d’eau renouvelables et des réserves naturelles à long terme, au même titre que leurs revenus et leur épargne. Or, dans de nombreux bassins et aquifères, les prélèvements continus ont dépassé les seuils de reconstitution des ressources et d’épuisement durable.
De ce fait, nous avons atteint un point de non retour car les ressources en eau disponibles et les fonctions écosystémiques associées ont été tellement réduites que certains impacts du déséquilibre prélèvement/renouvellement sont irréversibles ou pratiquement irréversibles à l’échelle humaine.
En effet, les conséquences de la faillite de l’eau sont désormais visibles sur tous les continents : des fleuves qui n’atteignent plus la mer ; des lacs, des zones humides et des glaciers qui diminuent ou qui disparaissent ; des nappes phréatiques surexploitées jusqu’à l’affaissement des sols et l’intrusion de sel ; des forêts et des tourbières qui s’assèchent et brûlent ; des déserts et des tempêtes de poussière qui s’étendent ; et des villes qui sont régulièrement menacées de « Jour Zéro »*. Il s’agit là des symptômes de systèmes qui ont épuisé leurs ressources hydriques et érodé le capital naturel qui permettait autrefois leur rétablissement, avec des répercussions sur les prix alimentaires, l’emploi, les migrations et la stabilité géopolitique. *Rationalisation de l’offre quand la demande en eau dépasse les ressources disponibles qui «assèche» les robinets domestiques
A l’instar de ce qui est pratiqué en gestion comptable, sortir de la faillite de l’eauimpose d’inventorier toutes les dettes et créances afin de redéfinir les conditions du rétablissement de l’équilibre entre charges et produits dans un cadre différent en l’occurrence de nouvelles relations entre l’humanité et l’eau. Cela nécessite une action mondiale visant à atténuer les effets des excès du passé et à s’adapter à de nouvelles normes hydrologiques et environnementales.
Reconnaître l’ère de la pénurie d’eau est aussi l’indispensable prérequis d’une mise en œuvre de politiques publiques multilatérales nouvelles. Cela permettrait de passer de réponses fragmentées et réactives à des approches intégrées et prospectives, s’appuyant sur les réalités hydrologiques actuelles et futures. Cela servirait aussi à définir les stratégies visant à prévenir des dommages irréversibles supplémentaires, à rééquilibrer l’utilisation de l’eau dans les limites de sa dégradation et à promouvoir des transitions justes et inclusives pour toutes les communautés touchées.
En conclusion
Avec une gouvernance mondiale coordonnée, des approches intégrées et des investissements soutenus, l’eau peut être un catalyseur de coopération, de résilience et de prospérité partagée. Les décisions prises dans les années à venir façonneront les résultats du développement pour les populations, la planète, la prospérité, la paix et les partenariats pour les décennies à venir.
Principales références
Global Water Bankruptcy – United Nations University (2026)
The United Nations World Water Development Report 2025 – UNESCO (2025)
The state of food security and nutrition in the world – FAO (2025)
Progress on household drinking water, sanitation and hygiene 2000-2024 – UNICEF (2025)

COP30 à Belém
20/11/2025
Comment la planète continue de se réchauffer
par Frédérique Tuffnell
En 2015, 196 pays s’engagent à mener une véritable “riposte mondiale” contre le changement climatique. Leur objectif : maintenir la hausse de la température moyenne bien en dessous de 2°C par rapport à l’ère préindustrielle, et si possible la limiter à 1,5°C. “L’accord de Paris nous a poussés à imaginer un monde résilient et décarboné pour tous”, rappelle Marta Torres-Gunfaus, directrice du programme climat à l’Iddri. Dix ans plus tard, alors que la COP30 se déroule à Belém (Brésil) depuis le 10 novembre, l’heure est au bilan.
Depuis ce coup de marteau historique, la conscience écologique a grandi. L’opinion publique s’est mobilisée lors de marches massives pour le climat et certains citoyens ont même saisi la justice pour faire respecter l’accord.
Chaque année, les pays du monde entier se sont retrouvés pour négocier : sortie progressive des énergies fossiles, réduction des émissions de méthane, fin de la déforestation, soutien financier aux pays vulnérables. Ils ont aussi établi leurs feuilles de route nationales, les “NDCs”, pour atteindre la neutralité carbone.
Avant, ces sujets étaient vus comme purement environnementaux. L’accord de Paris a permis de les replacer au cœur des enjeux économiques et sociétaux”, souligne Marta Torres-Gunfaus.
Pourtant, les émissions mondiales de gaz à effet de serre continuent d’augmenter, les énergies fossiles dominent toujours, les effets du dérèglement climatique s’intensifient et la barre des 1,5°C de réchauffement se rapproche dangereusement.
La neutralité carbone : promesse ou illusion ?
De nombreux pays visent la neutralité carbone d’ici 2050, mais la trajectoire actuelle mènerait la planète vers un réchauffement d’environ 2°C, selon le GIEC. Une telle hausse entraînerait la disparition d’une partie importante d’espèces : 18% des insectes, 16% des plantes et 8% des vertébrés perdraient leur habitat. En Arctique, la banquise estivale disparaîtrait au moins une fois par décennie.
Le niveau des mers pourrait monter jusqu’à 93 cm en moyenne, submergeant notamment une partie des Pays-Bas, de la Camargue ou encore l’estuaire de la Gironde.
Si le monde n’est pas encore sur la bonne trajectoire, les solutions existent et les mobilisations se multiplient. Malheureusement un accord a été adopté samedi 22 novembre à Belem, et la réponse n'est pas à la hauteur des attentes, puisque la signature d'un texte minimal ne mentionne pas explicitement la sortie des énergies fossiles. Un bilan très mitigé, car les enjeux géopolitiques et économiques ont été au coeur des discussions.
En quittant Belem, on retient autant les voix vibrantes des communautés amazoniennes que les longues nuits de négociations qui n'ont pas tout résolu. Ce bilan n'est pas une fin, mais un signal : celui que la suite dépendra de notre capacité collective à transformer l'élan ressenti au coeur de l'Amazonie en décisions de protection de la forêt. Le climat, ne s'accorde pas de délai !

la canicule surchauffe
1er juillet 2025
La canicule surchauffe la Méditerranée, menace les fonds marins. La canicule surchauffe la France et l'homme peine à respirer.
Quand la terre brûle, l'océan étouffe !
Chaque été désormais, la canicule frappe. Elle ne surprend plus, elle s'installe. Elle accable les corps, assèche les terres, fissure les sols. En ville, les nuits sont étouffantes et chacun recherche de la fraîcheur.
Mais ce que l'on voit moins, c'est que la chaleur n'épargne pas l'océan. Il est notre climatiseur géant, notre tampon thermique, il absorbe plus de 90 % de l'excès de chaleur dû au dérèglement climatique. Mais à quel prix ?
La biodiversité marine se dérègle.
Il n'y a pas de fatalité. il y a des choix, il y a des leviers.
Alors que faisons nous ?
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Nous végétalisons : des arbres en ville pour casser les ilots de chaleur, des haies dans les campagnes pour retenir l'eau. la nature est notre première alliée.
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Nous restaurons les zones humides ; marais, étangs, mangroves, lagunes ; ces climatiseurs naturels retiennent l'eau, absorbent le carbone et protègent nos littoraux
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Mieux encore freinons encore pus notre modèle énergétique : moins de fossiles, plus de sobriété, d'efficacité, et de renouvelables.
Mais surtout
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Adaptons nos territoires. des bâtiments bien isolés, des villes pensées pour la fraicheur, des systèmes d'alerte et de solidarité pendant les vagues de chaleur.
La chaleur monte, alors élevons notre niveau de conscience et d'exigence pour nous adapter aux effets du changement climatique.


Chroniques
Retour sur la COP 16 Biodiversité - novembre 2024
La Cop 16 Biodiversité vient de se terminer à Cali en Colombie sur un gros échec malgré deux avancées majeures.
les 196 états signataires de la convention sur la diversité biologique ont été incapables d'arriver à un projet financier pour financer l'accord de Kunmin- Montréal de la Cop 15 sur la protection, la restauration, la baisse des pesticides et des engrais, etc...
On voit que les états n'arrivent pas à considérer la biodiversité comme un BIEN COMMUN, comme si par exemple la forêt amazonienne était uniquement le problème des états sud-américains ou les 30 % de territoires présumés protégés (ce n'est pas le cas) en Europe étaient uniquement le problème de la CE.
Cette biodiversité où qu'elle soit, régule le climat avec la photosynthèse, les herbivores, et le cycle de l'eau ; ne pas financer sauvegarde, parce qu'elle est loin de nous géographiquement est une absurdité scientifique et un suicide collectif. Nous comprenons que les gaz à effet de serre ne sont pas de nationalité mais nous continuons à ignorer que la biodiversité n'est pas nationale dans ses effets pour l'humanité !
Deux avancées importantes quand même sur les droits des peuples autochtones et sur les séquences génétiques.
Est ce que la COP 29 sur le climat à Bakou sera moins irréaliste et permettra t elle de réelles avancées ?
A suivre...
Frédérique Tuffnell
Focus sur la biodiversité, la biopiraterie et brevets, de Marie Blandin - Novembre 2024
La COP 16 qui s’est déroulée en Colombie poursuit le travail initié à Rio en 1992. Déjà la première Convention sur la Diversité Biologique se souciait des tentatives de privatisation du vivant. En 2010, le Protocole de Nagoya énonçait le principe « Accès et Partage des Avantages (APA) » : désormais ceux qui veulent accéder aux plantes d’un État doivent demander l’autorisation, et, si des savoirs traditionnels sont associés, obtenir l’accord des communautés concernées, et partager les futurs bénéfices éventuels. Il était temps de freiner la biopiraterie.
Le mécanisme redouté est toujours le même : une entreprise cosmétique ou pharmaceutique envoie des chercheurs dans une contrée reculée pour observer une communauté autochtone qui utilise traditionnellement une plante pour ses propriétés médicinales. Ils rapportent des échantillons, dont on extrait le « principe actif ». A partir du produit élaboré par l’extraction de ce principe actif, l’entreprise dépose un brevet sur ce qu’elle considère être son « invention ».
La flore « bien commun » et le savoir culturel se voient alors exploités, valorisés économiquement, et même brevetés ! Les populations locales n’en tirent aucun bénéfice, s’en trouvent dépossédées à cause de la surexpoitation, ou de la montée des prix, ou même interdites d’approche. Une grande militante indienne Vandana Shiva s’active avec des ONG dans le monde entier pour empêcher les brevets sur le vivant. En France son travail est relayé par la fondation Danièle Mitterrand.
C’est ainsi que le brevet abusivement déposé sur le Neem, margousier du sud de l’Himalaya, utilisé depuis des milliers d’années pour ses qualités insecticides, cosmétiques et médicinales, a été retiré à la suite d’une bataille juridique.
Les brevets illégitimes de la firme allemande Schwabe, sur le Pélargonium d’Afrique du Sud ont été annulés : cette plante antimicrobienne et expétorante est restée dans le domaine public grâce à l’African Center for Biosafety et au jugement de l’Office Européen des Brevets.
La France est particulièrement concernée en raison de la richesse de la Guyane : un conflit a d’ailleurs eu lieu au sujet du Quassia Amara, antipaludéen reconnu, sur la molécule duquel un organisme de recherche avait déposé un brevet.
L’Inde et le Pérou se sont lancés dans des actions de recensement des savoirs traditionnels liés à leurs biodiversités. Le but est de disposer d’un outil efficace pour prouver l’antériorité des savoirs traditionnels en cas de demandes de brevets posés sur des plantes dont les propriétés seraient déjà connues par des peuples. La France est particulièrement concernée en raison de la richesse de la Guyane : un conflit a d’ailleurs eu lieu au sujet du Quassia Amara, antipaludéen reconnu, sur la molécule duquel un organisme de recherche avait déposé un brevet.
Plus largement la « brevetabilité du vivant » jadis impossible fait l’objet de toutes les convoitises. A l’origine le brevet est une protection intellectuelle et économique pour les inventions. Le vivant n’est pas concerné. Mais on s’en approche de plus en plus : pour les semences on parle de « certificat d’obtention végétale » et les graines issues de cultures ainsi produites ne peuvent être vendues sans payer l’obtenteur. Pour les OGM on parle d’inventions (en oubliant que ces inventions ne sont qu’une ultime greffe sur des organismes qui résultent de millions d’années d’évolution naturelle et de centaines de milliers d’années de sélection paysanne). Et parfois on ruse en ne brevetant pas un végétal, mais le seul procédé d’extraction de la substance active.
Chronique de Denis Cheissoux
CO2 Mon amour-mars 2024
Philippe Descola dans le Lot (2)
Il y a les braves cons, les pauvres cons, mais aussi les sales cons de l'espèce de ceux qui tuent pour jouer, par plaisir, pour se désennuyer. Qui braconnent et se croient au-dessus des lois...Et tout doit y passer, chamois chevreuil, vautour, aigle royal ou pygargue à queue blanche... Morzine est morte en Oisans il y a dix jours d'une balle en pleine poitrine... Vous ne connaissez pas Morzine? C'est le nom d’un très grand oiseau car la station éponyme a financé sa balise GPS. Le pygargue à queue blanche est quasi inconnu du public. Normal, il ne joue pas en équipe de France et se produit pas dans le zénith de votre ville, ce rapace avait disparu de France depuis 1959. Certains fadas de nature sauvage s'ingénient depuis des années à lui redonner droit de cité en France et dans les Alpes. Il a fallu deux malfrats pour lui régler son compte un jour d'ennui. Presque trois mètres d'envergure, difficile de le confondre avec un étourneau. Si ces deux criminels du vivant s'étaient renseignés, ils auraient appris que le bel oiseau était équipé et suivi à la trace par des enfants et des scientifiques qui ont pu ainsi retrouver son cadavre grâce à son collier émetteur. L'OFB a très bien fait son travail, bravo à ses agents qui ont remonté la piste en traçant leurs portables. Fini l'impunité des lâches. On a déniché les deux emplumés dans leur repaire qui ont avoué les faits. Ils vont devoir payer la note . Leur faire porter en montagne les caisses des oiseaux à réintroduire , serait une très salutaire approche de l'ornithologie et des difficultés qu'il y a pour remettre en place péniblement des oiseaux dans leur milieu dans l'enthousiasme d’une riche biodiversité montagnarde... Le visage radieux de ces deux frères , ne feront pas la une des médias. Dommage on aimerait tant savoir à quoi à ça ressemble deux cons.
Cette semaine, c’est la fête de l’eau et celle des forêts, les deux sont liés, ruissèlent de feuilles en nuages, puisque les forêts sont les rivières du ciel.
2/3 des pluies viennent de la Terre, des forêts
Dans l’eau, l’eau delà, dans l’eau du ciel, dans ces deux atomes d’hydrogène et cet atome d’oxygène, il y a juste… la vie.
Dans les forêts inquiètes, il y a le chaud qui couve, les arbres ont soif, les scolytes font aussi la fête et puis jamais très loin la folie des incendies.
La graisse des tronçonneuses n’est pas la brillantine des dieux, forêts rasées de trop près, ou qui fabriquent les chemins creux.
Mais du bois, pardi il en faut … qui partira en Chine, qui sortira la raboteuse/ et reviendra en lamelles de parquets cirés/
au grand bal pour danser / au grand bal de la mondialisation heureuse/.
Les arbres du printemps s’habillent d’oiseaux, de lucanes, d’écureuils roux de pics épeiche, de gélinottes ou bien de vieux hiboux.
Partition du vivant, clé de sol de notre sol, la forêt climatise nos rêves.
Elle abrite des sorcières, des petits Chaperons rouges, des Hansel et Gretel, des fées, des lutins /
Elles font jaillir des loups, l’histoire de notre enfance et celle des champignons malins.
La forêt compte … mais en cent, en mille ans, le temps est son amant.
Elle compte avant tout sur elle. Elle fait tout, toute seule, les bras, les branches remplis de force/
en accueillant bien volontiers des Théodore Rousseau, Thomas Brail, des Chico Mendès , des gens de la même écorce/
Et coule, tournoie, circule et grimpe par les racines, pompée/ l’eau nourricière repartira en rosée, brouillard, rivière au-dessus de la canopée.
Certes « les forêts précèdent les peuples, les déserts les suivent » merci Alphonse - ou un autre- mais elles garderont assez de troncs, de fûts,/ de branches pour abriter et faire fleurir la vie dessus ses arbres morts.
Après les guerres de l’eau, les batailles en son nom, elle retrouvera le chemin des sources, le chemin des nuages, le grand flot de la mer et celui des forêts.
Merci l’eau, merci les forêts et belle fête, là-haut à votre faîte.
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Philippe Descola nous attend au bord de sa forêt, à la lisière des mots.
Denis Cheissoux


Dixième session
de l'IPBES
La dixième plénière de l’IPBES (Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques) a démarré ce lundi à Bonn, en Allemagne. L’IPBES est l’équivalent du GIEC pour la biodiversité. Y est notamment discuté le résumé pour décideurs de l’évaluation mondiale sur les espèces exotiques envahissantes (une des 5 principales pressions sur la biodiversité).
L’Office français de la biodiversité est present au sein de la délégation française pour apporter son appui technique et scientifique aux ministères (MTECT et MEAE) aux côtés de la Fondation pour la recherche de la biodiversité, du CNRS et du Muséum National d’Histoires Naturelles et renforcer son réseau international.
Au niveau national, l’Office Français de la Bioœuvre chaque jour pour préserver la biodiversité, notamment en luttant contre les Espèces exotiques envahissantes.







